Voiles Magazine n°36 du 12/98

Remarque: J'ai scanné les articles et les photos (les plus intéressantes, only) sans rien modifier des commentaires, élogieux ou non... Bien entendu, ceci a été fait avec demande de l'accord du magazine, pour ce site uniquement. (Pour cette raison, merci de ne pas faire de copié/collé)

Bi-Loup 89

 

Le confort en biquille

On ne présente plus les Bi-Loups tant ces biquilles du chantier Wrighton ont trouvé leur place. Le 89 innove grâce à des plans anti-dérive plus performants tout en offrant un volume toujours aussi important.

Avec sa gamme baptisée du drôle de nom de Bi-Loup (biquille / loup de mer), le chantier Wrighton est un des rares en France àexploiter le petit marché des biquilles. Ces voiliers de croisière passe-par­tout et facilement échouables, plutôt prisés outre-manche, connais­sent chez nous un succès confidentiel mais néan­moins concret puisque 600 Bi-Loup (du 66 au 102) ont tout de même été diffusés en 20 ans. La dernière création de Monsieur Wrighton, architecte et fondateur du chantier, est le 89 (8,90 m), digne remplaçant du 88, avec comme modification notoire la forme des biquilles. Elles sont désormais asymé­triques afin d'améliorer le rendement au près (moins de dérive et donc plus de cap), véritable « talon d'Achille » de ces voiliers à faible tirant d'eau (1,10 m pour le Bi­Loup 89). Le Bi-Loup 89 est avant tout un voilier pour la croisière tranquille en famille. Le confort en mer et sur le sable prennent l'avantage sur les performances. Celui-ci se concrétise d'abord par un volume habitable généreux.

Passées les quatre marches de la descente, on bénéficie de plus d'1,85 m de hauteur sous barrots et d au moins 1,75 m dans les autres es­paces à vivre (si ce n'est la couchette avant)! Cette impression d'espace est soutenue par la grande clarté qui règne à l'intérieur grâce au rouf panoramique et à la taille impressionnante des hublots (dont peu sont ouvrants hélas).

 

Un vrai coin navigation

Quant à la disposition des aménagements, elle reste somme toute sans fioritures. Rien à redire sur le coin toilette (à tribord) ou sur la cuisine en «L» (à bâbord). Le coin navigation mérite bien son nom et n'a pas été négligé au profit du carré la table à cartes est de bonnes dimensions, le siège confortable, et le tout séparé par une demie cloison. Un bon point encore pour la disposition du carré, qui, décalé sur bâbord, libère un couloir assez large pour circuler facilement à l'intérieur, « détail » trop souvent oublié sur de nom­breuses unités. Par ailleurs, avec ses trois banquettes (dont une transformable en couchette),il peut sans problème accueillir sept personnes autour de la table. Mais cinq semble être le chiffre maximum pour séjourner à bord, question rangements et couchages (une couchette double à l'avant séparée par un panneau cou­lissant, et une vraie cabine double à l'arrière).

Cette sensation de confort simple persiste en navigation. Là, le cockpit, doté d'un coffre de mouillage arrière, est l'espace de prédilection. Profond et dégagé (le système d'écoute de grand' voile est relégué sur le rouf), il est doté de larges bancs qui accueilleront un équipage de 5/6 personnes à l'abri des embruns.

Pas de barre d'écoute

Seule la forme des hiloires peu ergonomiques pourrait être revue. Avec 15/20 noeuds de vent, conditions rencontrées lors de nos essais, les manoeuvres s'avèrent très simples car le plan de pont prévoit une centralisation de celles-ci sur le rouf, y compris la gestion de l'écoute de grand' voile qui bénéficie d'un système astucieux de palans faisant également office de pantoire (pas de barre d'écoute).

Elles ne demandent pas non plus un équipage de gros bras, loin de là la grand voile est plutôt petite (il est question de l'augmenter de 2 m2 en rallongeant la bôme) et le génois, bien évidemment monté sur enrouleur, se reprend à l'écoute sur deux winches self-tailing.
Côté accastillage, s'il est de facture moyenne, il apparaît plutôt surdimensionné... pour des navigations sans soucis. Petit souci par contre concernant la circulation sur le pont. Ce n'est pas l'antidérapant « grain de riz » ( remplaçant avantageusement le traditionnel « pointe de diamant » ) qui est à mettre en cause, mais la faible largeur des passavants. Il faut en effet se faufiler entre le bas hauban (à l'intérieur) et le galhauban (à l'extérieur) pour accéder à la plage avant.

Mais ce n'est pas la préoccupation du barreur! Au près, il préférera la position assise sur les hiloires qui offre une vue plus dégagée que dans le cockpit, au demeurant bien protégé.Toujours à cette allure, le Bi-Loup89 semble à son aise avec une quinzaine de degrés de gîte, angle qui offre une surface mouillée idéale pour les biquilles asymétriques.

Virer plutôt lentement

La barre s'avère assez neutre, et il faudra tenir compte de l'inertie du bateau pour le « placer ». Pour virer de bord, par exemple, le barreur a tout intérêt à entamer l'aulofée doucement pour ne pas arrêter le bateau.
Côté performances, il ne faudra pas attendre du Bi-Loup des records de vitesse et de cap fulgurants ce n'est pas sa vocation. Cependant, à aucun moment nous n'avons eu l'impression de nous traîner et nous avons pu apprécier de naviguer avec force 3 à 4 sans forcer et sans se mouiller !

Bien adapté à ceux qui souhaitent faire de la croisière sans forcer, en rase-cailloux et quel que soit l'horaire des marées, le Bi-loup 89, comme le reste de la gamme s'adresse aussi aux bricoleurs puisqu'il est disponible en différents stades de finition.

 

Additif à l'article : S'échouer en biquille

A côté des catamarans de croisière et des dériveurs, le biquille est le monocoque d'échouage par excellence. Posé sur ses deux quilles, sa grande stabilité lui permet d'être moins regardant quant à la qualité de sol sur laquelle s'échouer et son très faible tirant d'eau évite de jouer les alpinistes pour monter et descendre du bateau une fois sur le sable. Toutefois, le plaisancier qui souhaiterait goûter aux joies de l'échouage, doit observer quelques règles de base. Tout d'abord, choisir un endroit à l'abri du vent et du ressac (bien se renseigner sur les vents dominants), ensuite, évaluer la qualité du sol. Plus il est homogène, mieux c'est, l'idéal étant les plages de sable fin (attention à la vase ou encore à la présence de gros galets).

Cette même surface ne doit évidemment pas être trop pentue (dans tout les cas, il faut s'échouer face à la pente), ni trop encombrée au moment de l'échouage (bateaux, baigneurs). Il faut ensuite s'échouer à marée descendante et bien calculer son heure par rapport à la basse mer pour connaître celle du deséchouage (soit le double). Enfin, pour la manoeuvre elle même, pensez à préparer à l'avance votre mouillage arrière (à mouiller le plus loin passible du bord afin de pouvoir se déhaler correctement), et à maîtriser votre vitesse, mieux vaut manoeuvrer lentement pour limiter les problèmes.